Actuellement, on évalue à 4 % la part du numérique dans l’émission de gaz à effet (GES). Selon l’Agence de la transition écologique de la France, le numérique pourrait représenter jusqu’à 30 % de la consommation d’énergie mondiale en 2030. Les centres de données sont ainsi extrêmement énergivores. Or, à l’échelle mondiale, 64 % de la production d’électricité mondiale est issue des énergies fossiles selon la U.S. Energy and Information Administration. Considérant l’interconnexion d’Internet, on ne peut évidemment pas choisir quel type d’énergie on utilise lorsqu’on fait de la vidéoconférence.
À cela, il faut ajouter la production et l’utilisation de matériel informatique. Selon Freitag et al. (2021), cette production et cette utilisation génèrent encore plus de GES que les réseaux numériques ou les centresde données. N’oublions pas que le télétravail, y compris le téléenseignement, demande un équipement plus moderne qui tombe plus rapidement en désuétude. Nous pouvons observer que, pendant l’épidémie, plusieurs ont renouvelé leur équipement informatique et que certains ont fait l’acquisition d’un second écran ou d’un casque d’écoute pour faciliter la vidéoconférence.
Au-delà de l’émission de GES, la production d’équipement informatique est préoccupante. L’exploitation minière, notamment du lithium et des terres rares, peut avoir des conséquences graves sur les populations concernées : contamination de la nappe phréatique, déplacement de populations, guerres, etc. La gestion des déchets informatiques est tout aussi préoccupante.
Selon les calculs de Laure Patouillard, chercheuse à l’École polytechnique de Montréal, une heure de vidéoconférence (avec image) génère environ 960 g de CO2. En tenant compte de l’amortissement écologique de l’acquisition du matériel informatique, nous pourrions évaluer à 1,5 kg de CO2 cette émission. Ainsi, plusieurs heures de cours dans une journée sont susceptibles d’émettre davantage de GES qu’un enseignement en salle de classe en tenant compte qu’une partie de la communauté universitaire se déplace en transport en commun ou font de courts déplacements en voiture.